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vendredi 8 novembre 2024

G comme Grands-parents

Je vous ai présenté les arrières-grands-parents de Jean MARNAS, le sujet de cette étude. 

Je qualifierais les familles MARNA, CHAMPT et POIX de paysans indépendants, selon l'échelle sociale des paysans proposée par Thierry SABOT (1) dans son Théma sur la "Hiérarchie et ascension sociale de nos ancêtres paysans". 

Ils sont propriétaires des terres qu'ils exploitent, ainsi que de leur maison. Leur main d'œuvre est essentiellement familiale, plusieurs générations vivent en communauté, les règles de vie étant bien précisées dans les contrats de mariage. Quelquefois, l'un des enfants reste célibataire pour aider la famille.

Je vais maintenant vous présenter quelques particulariés géographiques du village de Thurins, avant de rencontrer les grands-parents de Jean.

Le village de Thurins

Carte de Thurins - P. GUIOT Thurins Démographie d'une commune rurale de l'Ouest Lyonnais


Selon Paul GUIOT (2), Thurins présente trois types de paysages, selon l'altitude. Tout d'abord, des plateaux, des petits vallons le long des ruisseaux. De gros hameaux construits en pisé émergent ça et là, et de grosses fermes isolées construites en pierre occupent les intervalles. Puis vers 500 mètres d'altitude, de fortes pentes avec quelques cultures, des bois et des landes. A partir de 600 mètres, des prairies parsemées de grosses fermes en pierre.

Les terres sont très morcelées et pentues. Les hivers sont rudes, et les étés très chauds. Le manque d'eau et le vent n'aident pas les paysans. La grêle est désastreuse pour les récoltes. Et le sol est médiocre : du granit, du gore, de l'argile et un sol sableux. " La roche pousse dans la terre." Les hommes déminent, creusent à la pioche et utilisent les gros blocs pour les murets.

Peu de prairies, donc peu d'élevage. Les bonnes terres sont rares, donc très morcelées. Chacun veut sa part. La polyculture est donc de mise, complétée par d'autres activités, le commerce, l'artisanat.

Ces conditions de vie des paysans se retrouvent dans les stratégies d'alliance menées par les familles : garder les bonnes terres, en ajouter de nouvelles, avoir suffisamment de main d'œuvre pour l'exploitation, et d'autres que nous découvrirons par la suite.

Maintenant que vous connaissez un peu mieux le contexte géographique de cette histoire, je vais vous présenter les grands-parents de Jean MARNAS. 

Jean MARNA et Jeanne POIX


Jean MARNA et Jeanne POIX sont les grands-parents paternels de Jean.
Jean MARNA naît à la Durantière le 11 mai 1704. Nous avons découvert ses parents, Floris et Jeanne CHAMPT, dans l'article F comme Floris MARNA .
Jeanne POIX naît au Julin le 30 juillet 1713. Ses parents, Pierre et Jeanne DELORME, sont présentés dans l'article E comme Etymologie des noms .

Ils se marient le 15 novembre 1740 dans l'église de Thurins. Le père de Jean, Floris, et le frère aîné de Jeanne, Jacques, signent l'acte. Les époux ne savent pas signer.

Le contrat de mariage est enregistré dans le registre de contrôle des actes du bureau de Saint-Symphorien-sur-Coise le 4 novembre 1740. Jean est journalier. C'est étrange, alors qu'il est le fils aîné de ses parents. Je n'ai pas retrouvé le contrat de mariage daté du 30 octobre 1740 car les minutes de Me CHAZOTTIER de Saint-Martin-en-Haut ne sont pas disponibles aux Archives départementales du Rhône. 


Extrait du contrôle des actes du bureau de St Symphorien - AD69 - 10C 1759


J'aurais aimé retrouver ce contrat de mariage, car bien qu'étant fils aîné de Floris, Jean ne reste pas à la Durantière. C'est son frère Etienne qui s'installe avec ses parents une fois marié. D'ailleurs, contrairement à la coutume, les grands-parents ne sont pas parrain et marraine du premier enfant du couple, Barthélémie, en 1741. Que s'est-il passé entre lui et ses parents ? Nous ne le saurons jamais !

Ils habitent le Bourg de Thurins entre 1741 et 1747. Nous les retrouvons au Julin en 1748. Le seul événement que j'ai trouvé en lien avec cette date, c'est le mariage du 3e frère de Jeanne, Claude POIX.  Son frère ainé est décédé depuis 1743, et son 2e frère Jean n'est pas encore marié. Ils ont perdu leur père depuis plusieurs années. Les POIX sont vignerons au Julin depuis plusieurs générations. Ils ont certainement besoin de main d'œuvre pour leur exploitation.

Image Pixabay


Jean et Jeanne ont baptisé 6 enfants entre 1741 et 1752 et ont marié 3 d'entre eux. Malheureusement, Jean décède avant le mariage de ses fils.
Le fils aîné Jean Marie se marie à Thurins le 28 novembre 1770 avec Etiennette CHANTRE. Il ne sait pas signer.
Le second fils, Jacques, né en 1745, restera célibataire jusqu'à sa mort en 1826 à 80 ans à la Mativière dans la maison de son frère Jean Baptiste.
Le troisième fils, Jean, épouse Madeleine DELORME à Thurins le 13 février 1787.  Il est maître maçon et charpentier. Il signe à son mariage.
Le dernier fils, Jean Baptiste, est le père de notre Jean MARNAS. Il épouse Claudine RATTON à Thurins le 4 janvier 1786. Nous les étudierons plus tard.

Jean décède le 1er septembre 1769. J'ai trouvé son testament daté du 10 août 1768 reçu par Me SELIS. Il est vigneron au Julin, mais considéré à sa mort comme gendre chez POIX. Il dispose d'une petite somme de deniers provenant de ses droits et de ses épargnes.

En-tête du testament de Jean MARNA - 1768 - AD69 - 3E 9023

Il lègue à Jacques, Jean et Jean Baptiste 50 livres chacun lorsqu'ils se marieront. Il recommande à ses enfants " d'avoir pour leur mère tout le respect et l'attachement possible ". Ses biens mobiliers n'exèdent pas la somme de 690 livres, il les lègue à son fils aîné Jean Marie.

Floris RATTON et Jeanne CLARON

Nous allons maintenant faire la connaissance de l'autre couple grands-parents de Jean MARNAS, Floris RATTON et Jeanne CLARON.
Floris RATTON naît le 18 mai 1736 à la Mativière de Floris (écrit Flore) et de Marguerite POIX. Il est le fils aîné du couple.
Jeanne CLARON naît le 28 juillet 1733 d'Etienne, marchand, et de Claudine VIRICEL.

Ils se marient le 30 mai 1752 à Thurins. Ils auront 10 enfants ensemble, 7 garçons et 3 filles, dont 6 atteindront l'âge adulte. Claudine, leur fille aînée, est la mère de notre Sosa 1, Jean MARNA.
Ils marieront une autre fille et deux fils.

Floris décède en 1799 chez son gendre Jean (Baptiste) à la Mativière. Jeanne est déjà décédée depuis 1789 aussi à la Mativière.

Voici les grands-parents de Jean MARNA. Nous découvrirons dans d'autres articles qui sont ses parents.


(1) SABOT T. (2019), Les métiers agricoles Hiérarchie et ascension sociale de nos ancêtres paysans du XVIe au XVIIIe siècle, THEMA 10, Thisa

(2) GUIOT P. (1949), Thurins démographie d'une commune rurale de l'Ouest Lyonnais, cahier n°10, Paris: A. Colin , p. 15 à 24


jeudi 7 novembre 2024

F comme Floris MARNA

F comme Floris MARNA

Je vous ai déjà présenté dans les articles précédents, quelques ancêtres de Jean MARNAS et de Marie Charlotte PERRET, le couple objet de cette étude. 

Je vais maintenant vous parler plus en détail de Floris MARNA, arrière-grand-père de Jean, et de ses ancêtres. Ils sont tous maréchaux au lieu de la Durantière, hameau du village de Thurins.

Le métier de maréchal consiste à ferrer les animaux. C'est un homme important sur le plan économique et social. Il est aussi vétérinaire des bêtes dont il s'occupe.


Image de Pixabay


Floris MARNA (1679 - 1749)

Le prénom Floris est couramment utilisé à cette période dans la paroisse de Thurins. J'en compte 4 dans l'arbre d'ascendance de Jean jusqu'à la 5e génération. Il s'écrit parfois Floris ou Fleury.

Floris MARNA est baptisé à Thurins le 19 octobre 1684. Ses parents, Jean MARNA et Hélène RAT, habitent à la Durantière (voir l'article D comme Durantière).

Baptême de Floris MARNA - 1679 - AD69 - 249GG3

Son parrain est son grand-père, autre Floris MARNA, et sa marraine Aymée RAT (que je n'ai pas encore identifiée). Sont présents Jean RAT dit marrin et François RATTON.

Il épouse Jeanne CHAMPT à Thurins le 24 janvier 1702. Ses parents sont décédés, il se marie avec l'autorisation de son tuteur Jean RAT dit Marrin, son oncle maternel. Il ne sait pas encore signer. Seuls les CHAMPT signent cet acte (voir l'article C comme CHAMPT). 

Il ne sait pas signer lorsqu'il se marie, ni à la naissance de ses enfants, mais il sait signer en 1740 lorsqu'il marie son fils aîné Jean à Jeanne POIX.

Signature de Floris MARNA en 1740 - AD69 - 249GG7

Il décède à la Durantière le 5 juin 1749 à l'âge de 69 ans. Il a marié ses 3 fils.


Jean MARNA  (1652 - 1686)


Maintenant, penchons-nous sur ses parents, Jean MARNA et Hélène RAT. Ils sont morts très jeunes, et n'ont eu que 3 enfants. Floris l'aîné, présenté ci-dessus, Jeanne née et morte en 1682, puis Antoine né en 1684. A cette occasion, Jean est surnommé Gobelet, mais je n'ai jamais revu ce surnom. Le couple vit aussi à la Durantière. Jean ne sait pas signer.

Jean, le père, est baptisé le 21 janvier 1652 à Thurins. Il est fils de Floris MARNA, maître maréchal de la Durantière, et de Jeanne BUYER. Son parrain est Jean MARNA, fils de Floris MARNA dit " Puiry? ".  J'ai trouvé sur Geneanet le contrat de mariage d'un Jean MARNA fils de Floris MARNA maréchal de la Durantière, qui promet en 1605 d'épouser Benoite PERRACHON de Saint-Laurent-de-Vaux. Mais je n'ai trouvé ensuite ni mariage, ni baptême pour ce couple.

Il s'allie avec la famille RAT, très ancienne famille de Thurins, en épousant Hélène RAT en 1679. 
Il décède à la Durantière le 17 juillet 1686. 


Floris MARNA 


Je n'ai pas beaucoup d'informations sur le grand-père de Floris, un autre Floris, marié à Jeanne BUYER. J'ai trouvé leur contrat de mariage daté du 8 février 1645, reçu par Me de LA ROUE. C'est un double mariage, une union remarquable. Deux frère et soeur épousent deux frère et soeur. Le même contrat traite du mariage de Jean BUYER avec Helène MARNA. Floris et Hélène sont les enfants de Jean MARNA, maréchal de la Durantière, et de Ennemonde GOURGUET. Ils promettent de se marier à Thurins. Floris reçoit les 2/3 des biens de son père. Hélène est dotée de 400 livres et d'une robe cotte et corset drap de couleur valant 5 livres. 

Floris et Jeanne ont baptisé 6 enfants, entre 1646 et 1660. Jeanne est baptisée en 1646. Son père et son parrain, son grand-père Jean MARNA, sont maîtres maréchaux à la Durantière. Ensuite, c'est le tour de Gabriel en 1647, puis Monde en 1649 (diminutif d'Ennemonde), puis notre Jean en 1652, héritier du père, et Florie en 1654, et Etiennette en 1660. 

Floris marie sa fille Monde à Antoine REIGNIER en 1679. Il la dote de 600 livres, 540 livres de sa part et 60 de celle de Jeanne BUYER, avec un coffre en bois noyer fermant à clé garni de ses habits, et une robe cote et corset de drap, et un manteau pour l'époux, et une chemisette et un corset aux filles de la belle famille, le tout pour 60 livres. Pour le festin des noces, il donne 20 livres, 8 bichets de blé et 4 asnées de vin.

J'ai trouvé le décès d'un Floris MARNA en 1691 à Thurins, mais je n'ai aucune certitude qu'il soit l'époux de Jeanne.

Jean MARNA


Jean MARNA et Ennemonde GOURGUET sont les parents de Floris.
Je n'ai trouvé ni leur baptême, ni leur mariage, ni leur inhumation. 

Par contre, je leur ai trouvé 7 enfants, 5 baptêmes de 1618 à 1627, et 4 contrats de mariage entre 1637 et 1648, ce qui n'est pas mal pour cette période.
Dans ces documents, Jean est aussi maître maréchal à la Durantière. 

Il dote sa fille Laurence qui se marie en 1637 de 350 livres.
Il donne les 2/3 de ses biens à son fils Floris, et dote sa fille Hélène de 400 livres.

 
Extrait du tableau d'assemblage du cadastre de Thurins - 1824 - AD69 - 3P 2039


Ce sont ainsi 4 générations de Floris et de Jean qui se suivent, tous maréchaux à la Durantière.

Arbre simplifié des 4 générations de MARNA à la Durantière fait avec Canva




















mercredi 6 novembre 2024

E comme Etymologie des patronymes

E comme Etymologie des patronymes. 

Je m'intéresse beaucoup aux noms lorsque je fais de la généalogie. Les noms de famille, les noms de lieux, les prénoms aussi. Selon le Robert en ligne, l'étymologie est " l'étude de l'origine et de l'histoire des mots ". 

J'ai trouvé beaucoup de noms de famille lors de mes recherches pour ce mémoire. Beaucoup se sont transformés au fil des générations. C'est ainsi pour les CHAMPT qui ont perdu le T final, les MARNA qui ont acquis un S final. Mais un autre nom apparaît dans mes recherches. Lui aussi a subi des transformations, c'est celui des POIX.

D'après l'outil " Nom de famille " de Geneanet, " on rencontre POIX dans la Somme et le Pas-de-Calais, mais aussi le Doubs et le Rhône. Plusieurs explications au toponyme : soit un lieu où pousse le sapin (picea), soit un vivier, une rivière poissonneuse (picsis), soit encore une colline (podium). Je vais opter pour cette dernière proposition car, selon le même site, POY est une variante de PUY, PUIG = colline, sommet. On trouve ce patromyme dans la Loire. Il est vrai que le hameau étudié pour ce patronyme, le Julin, est situé sur les pentes d'une colline.

Le Julin - document personnel


Pierre POIX et Jeanne DELORME

Pierre POIX et Jeanne DELORME sont les arrière-grands-parents de mon couple, objet de l'étude généalogique racontée dans les articles consacrés au Challenge AZ 2024. Ils sont, eux aussi, les ancêtres de mon mari à la 8e génération (dont 5 générations de POIX). 
Le couple se marie à Thurins le 6 février 1703. Pierre est fils de Jacques POIX et d'Aymée RATTON, ils habitent le Julin (les Juliens à l'époque), hameau de Thurins. Jeanne est fille de Jean DELORME et de défunte Catherine RATTON, habitant la Coste, autre hameau de Thurins. 

Ces familles sont éduquées, car l'acte de mariage nous laisse de belles signatures, particulièrement nombreuses pour l'époque. Le prêtre nous indique que l'époux Pierre, son père Jacques ainsi que Barthélémy, son oncle, ont signé l'acte. Nous avons donc 3 signatures POIX, avec 2 orthographes différentes, POY et POIX. Les DELORME ne sont pas en reste avec 2 belles signatures. Le prêtre a pris parti et choisit d'écrire " POIX ".

Signatures à l'acte de mariage de Pierre POIX - 1703 - AD69 - 249GG5

J'ai pu établir que la première signature, en haut à gauche, est celle de l'époux, Pierre, en comparant avec la signature figurant sur l'acte de baptême de son fils Jean en 1705. 
Ils vont donner naissance à 10 enfants, 7 se sont mariés et 3 sont morts en bas âge.

Jacques POIX et Aymée RATTON

Je remonte une génération et m'intéresse maintenant au couple Jacques POIX et Aymée RATTON (encore le prénom Aymée, récurrent dans mon étude, aussi bien pour les femmes que les hommes). 

Je n'ai pas trouvé leur acte de mariage, que je situe vers 1676. J'ai trouvé 8 enfants, dont 3 mariés. Nous avons vu ci-dessus les signatures au mariage de l'aîné Pierre. Le second Claude sait aussi signer lors de son mariage à Thurins avec Etiennette JARRICOT le 10 février 1711. Il signe POIX comme son père Jacques.


Signatures au mariage de Claude POIX - 1711 - AD69 - 249GG5


Marie est la dernière à se marier. Elle épouse Léonard FOURNEL de Rontalon, le 2 février 1712, à Thurins. Nous retrouvons les signatures du père Jacques, et de son frère Barthélémy. Marie ne sait pas signer. Comme souvent à cette époque, seuls les garçons reçoivent une éducation.

Signatures à l'acte de mariage de Marie POIX - 1712 - AD69 - 249GG5


Ces différents actes, ainsi que les baptêmes des enfants du couple POIX - DELORME, me permettent de distinguer les signatures de Jacques et de Barthélémy, son frère.
Jacques signe POIX, comme l'indique la signature trouvée sur l'acte de baptême de Jacques,  fils premier né de Pierre en 1704. Vous pouvez admirer la signature de Jean DELORME à côté, avec le J imbriqué dans le D de DELORME. Il s'agit du grand-père maternel.


Signature de Jacques POIX - 1704 - AD69 - 249GG5

L'acte d'inhumation d'Hélène POIX, sœur de Jacques et Barthélémy, me permet d'identifier la signature de Barthélémy, à droite de celle de Jacques sur l'acte. Il signe POY pour sa part.

Signature de Barthélémy POIX - 1715 - AD69 - 249GG5


J'ai noté que les 3 frères savent signer après 1700, mais pas avant, lors des baptêmes de leurs enfants. C'est aussi le cas pour le père Jacques, qui ne signe pas son contrat de mariage en 1676, mais signe son testament en 1729. Idem pour Barthélémy, frère de Jacques, qui ne sait pas signer à son mariage en 1693, mais sait signer en 1703. Peut-être n'ont-ils pas eu le même enseignant ? N'hésitez pas à commenter cet article si vous avez d'autres idées.

Guillaume POYS et Claudine MARNA


Les parents de Jacques et Barthélémy sont Guillaume POYS et Claudine MARNA. Je n'ai pas trouvé leur acte de mariage, vers 1647, mais ils ont baptisé 12 enfants. La plupart des enfants sont nommés POIX, mais le nom de Guillaume né en 1657 est écrit POYX et celui de Jacques Antoine né en 1667 est noté DU POYS.  


Philippe POYS et Claudine NARBONNET


Les parents de Guillaume sont Philippe POYS et Claudine NARBONNET. Je n'ai pas trouvé leur mariage, mais celui de leur fille Bonne POUYS en 1620, puis le baptême de Jeanne POYS en 1601 et son contrat de mariage en 1626, le baptême d'Aimée POYCE (le S final devait se prononcer) en 1604, le baptême de Jean POYS en 1606, le baptême de Catherine POYS en 1608 (son parrain Antoine DUPOYS) , le baptême de Denis POYS en 1612, le baptême de Guillaume PUIS en 1617 et son inhumation au nom de POIX en 1688.

L'orthographe du patronyme de cette famille a évolué au cours des années pour se fixer à POIX. Le I a remplacé le Y, et le X a remplacé le S.  Le nom disparait progressivement du village. C'était pourtant un nom très courant dès les premiers actes au XVIIe siècle. Selon la base de données de Geneagier, il y a 159 naissances et baptêmes de POIX - POY - POYX - DU POY dans le village entre 1596 et 1920.

Autre remarque qui me semble importante, lorsque je rencontre un patronyme très proche phonétiquement de noms que j'étudie dans un village ou dans des actes notariés, je fais une rapide recherche pour vérifier s'il y a un lien avec les familles étudiées, et j'ai quelquefois de bonnes surprises ou de nouvelles pistes.


mardi 5 novembre 2024

D comme Durantière

D comme Durantière. Cette fois-ci, il s'agit d'un hameau de Thurins. 

J'ai découvert quelques habitants de ce lieu en établissant la généalogie de mon couple, Jean MARNAS et Marie Charlotte PERRET.  

Extrait de la carte de Cassini - n°87 [Lyon] - Gallica

Jean MARNA et Hélène RAT

En effet, Jean MARNA et Hélène RAT sont les arrière-arrière-grands-parents de notre Sosa n°1, Jean MARNA. Ils sont, là encore, des ancêtres de mon mari à la 10e génération.

Jean habite le lieu de la Durantière lorsqu'il épouse Hélène le 7 février 1679. L'acte de mariage est très bref, non filiatif. Jean habite toujours la Durantière lorsqu'il décède et est enterré dans l'église de Thurins le 18 juillet 1686, à l'âge de 35 ans. Hélène décède à son tour et est enterrée dans le cimetière de Thurins (tiens, un autre couple qui n'est pas enterré ensemble !) le 12 mai 1693, à l'âge de 42 ans.

Ils n'auront que 3 enfants : Floris, l'époux de Jeanne CHAMPT, étudiée dans l'article précédent, Jeanne qui décède à 12 jours, puis Antoine dont je n'ai plus trouvé de traces après son baptême. 
Il est vrai qu'ils décèdent très jeunes.

Floris MARNA et Jeanne BUYER

Le parrain de Floris est un autre Floris MARNA, son grand-père. 
Il y a 2 Floris MARNA à la même époque à Thurins, qui pourraient être ce grand-père, et dont l'un a épousé une Jeanne BUYER en 1645. 
J'ai retrouvé le contrat de mariage de celui-ci. 

J'ai émis l'hypothèse que ce soit le bon, car il est maréchal à la Durantière. Même prénom, même lieu. Jeanne, prénom de la marraine de Jeanne MARNA, est aussi le prénom de sa fille aînée. 
Quant à Antoine REIGNIER, parrain du petit Antoine MARNA, c'est aussi l'époux de Monde MARNA, une autre fille de Floris. Pour moi, il y a peu de doute. 
Je n'ai pas trouvé, par contre, la profession de Jean MARNA. Il a certainement laissé peu d'actes, car il est mort très jeune.

Floris a 14 ans lorsqu'il devient orphelin. Il a pour tuteur Jean RAT, présent lors de la rédaction de son contrat de mariage par Me GANDIN à Thurins le 10 décembre 1701. C'est le frère de Jeanne RAT et donc son oncle maternel. Il reçoit une éducation puisqu'il sait signer.

Signature de Floris MARNA - Thurins - 1745 - AD69 - 249GG7

Floris MARNA et Jeanne CHAMPT

Il est amusant de noter que Floris MARNA habite la Durantière, et que son épouse, Jeanne CHAMPT, est née au Marnas, autre hameau de Thurins! 
Et oui, dans ce village, les noms de famille les plus anciens sont quelquefois aussi des noms de lieux qui existent toujours. 
Floris a épousé Jeanne, dotée de 725 livres, somme plutôt conséquente pour le village et l'époque. Ils sont pourtant qualifiés de " gens de labeur ". Il n'y a pas de mention de la fortune de l'époux, si ce n'est qu'il doit " habiller et enjoaller " sa future épouse selon sa condition. Il a certainement fait un beau mariage ! 

J'ai trouvé 8 enfants à ce couple, et le mariage de 3 d'entre eux et un quatrième mort célibataire. 

L'aîné, Jean, n'est pas resté à la Durantière. Il a épousé Jeanne POIX du Julin et s'y est installé avec son épouse. C'est très clair dans l'intitulé de son testament du 10 août 1768 établi par Me SELIS " testament de Jean MARNA gendre chez POIX du Julin ". Nous le rencontrerons plus tard.

Entête du testament de Jean MARNA - 1768 - AD69 3E 9023 sur Geneanet


Etienne MARNA et Louise CHANTRE


 Le second fils, Etienne, s'est installé à la Durantière avec son épouse Louise CHANTRE. Ils y décèderont tous les deux. Le troisième à s'installer, Jean, se marie à Lyon avec Cécile VALIN. Il est maître satinaire (fabricant de satin). 

Ici s'arrête la dynastie des MARNA installés à la Durantière. Je n'ai pas trouvé d'enfant du couple MARNA - CHANTRE qui se soit installé à la Durantière.


Arbre simplifié des MARNA à la Durantière fait avec Canva


Comme vous pouvez le remarquer sur cette carte, la Durantière est toute proche du Rochet, lieu de l'héritage découvert dans l'article précédent.


Extrait du tableau d'assemblage du cadastre de Thurins - 1824 - AD69 - 3P 2039


dimanche 3 novembre 2024

C comme CHAMPT

Lorsque je me suis lancée dans le défi du Challenge AZ, j'ai réfléchi au thème que je souhaite développer dans mes articles.


Image Pixabay

J'ai effectué un long travail de recherche pour rédiger mon mémoire universitaire, et j'ai pensé que j'y trouverais la matière pour écrire les articles. Ce mémoire consiste à établir la généalogie d'un couple marié en 1827, Jean MARNAS et Marie Charlotte PERRET, du village de Thurins dans les Monts du Lyonnais, trouver leurs frères et sœurs, remonter 3 générations en cherchant les frères et sœurs, puis trouver tous leurs enfants et leurs petits enfants. 

Au cours de mes recherches, j'ai trouvé un personnage extraordinaire, dans le sens qu'il sort de l'ordinaire. Il s'agit du fils aîné de ce couple, Jean Aimé MARNAS, dont je vais raconter l'histoire généalogique au cours de ce challenge. Il est sorti du lot des personnages que j'ai découverts, au point de devenir le héros de ce récit ... mais vous le découvrirez dans de prochains articles.

Pour commencer cette présentation, j'ai choisi la branche CHAMPT. Jeanne CHAMPT est l'arrière- grand-mère de Jean MARNAS, l'homme du couple sélectionné. C'est aussi un nom de famille très ancien qui figure dans les premiers actes de baptême du village (le quatrième acte du 24 mars 1597). Jeanne est aussi l'ancêtre de mon mari à la 9e génération.


Jeanne CHAMPT (1684 - 1757)

Je vais vous parler de Jeanne CHAMPT et de sa famille en remontant le temps. Jeanne est inhumée dans l'église de Thurins le 25 décembre 1757, jour de Noël, âgée de 75 ans. Elle est veuve de Floris MARNAS habitant du hameau de la Durantière. Son mari est décédé et inhumé dans le cimetière depuis 1749. Je trouve étrange qu’elle ne soit pas enterrée avec son défunt mari.

Elle s’est mariée le 24 janvier 1702 à Thurins, les deux familles sont de cette paroisse. Les parents de Floris sont décédés, Jeanne est la fille d’Etienne CHAMPT et d’Aymée REYNARD dit Rochet. Etienne CHAMPT, le père de l'épouse et Aymé, son frère, signent CHAMPT avec un T final, je vais donc adopter cette orthographe, même si certains prêtres omettent quelques fois ce T dans leurs actes. Le père de Jeanne signe même Étienne CHAMPT dit Rochet. Les époux ne savent pas signer.


Signature d'Etienne CHAMPT - 1702 - AD69 - 249GG5



Signature d'Aymé CHAMPT - 1702 - AD69 - 249GG5

J’ai retrouvé leur contrat de mariage , cité dans l’acte de mariage, reçu par Me GANDIN le 10 décembre 1701 et contrôlé à Vaugneray le 23 janvier 1702. Il est riche d’informations. Le notaire qualifie les parents de « gens de labeur ». Le père de l’épouse lui constitue en dot une somme de 725 livres, un habit complet cotte et robe et un habit avec manteau pour son époux. Je note que sur les 725 livres, 600 livres viennent de sa mère Aymée REYNARD. C'est très inhabituel que la mère participe autant à une dot. Ce contrat est signé des mêmes Etienne et Aymé CHAMPT.

Jeanne est baptisée le 19 octobre 1684 à Thurins. Sa mère Aymée REYNARD est dite Rochet, le surnom vient donc d’elle. D'ailleurs, le prêtre avait noté ce surnom pour le père et l'a barré. Son parrain est sieur Étienne CHAMPT des Marnas, son grand-père, sa marraine est Jeanne MORTIER, veuve du défunt Claude REYNARD de la paroisse de Rontalon. Le grand-père Etienne CHAMPT sait signer comme ses deux fils Étienne et Aymé, mais pas Jeanne. Je note qu’aux baptêmes des autres enfants de Jeanne et Floris, Jeanne est quelquefois surnommée « Rochet » comme sa mère.

Signature d'Etienne CHAMPT le grand-père et parrain - 1684 - AD69 - 249GG3 

Etienne CHAMPT et Aymée REYNARD

Je m’intéresse ensuite aux parents de Jeanne. Étienne et Aymée se marient le 11 janvier 1684. L’acte de mariage n’est pas filiatif. Je note cependant la signature d’un A. ROCHET. Jeanne est leur fille aînée.

Signature d'A. ROCHET - 1684 - AD69 - 249GG3

Comme le nom des parents n’est pas indiqué dans l’acte, je procède au recensement de tous les enfants du couple. J’ai la chance d’en trouver 7 : Jeanne l'aînée, puis Claude, Claudine, Étiennette, Léonarde, Lambert et Antoine. Par le baptême de Jeanne, j’ai déjà 2 grands-parents, comme le veut la coutume: le grand-père paternel Etienne CHAMPT et la grand-mère maternelle Jeanne MORTIER. Louise DELORME, la marraine de Claude, le second enfant du couple, est la grand-mère paternelle. 

Je découvre qu’Aymé CHAMPT, frère aîné d’Étienne, a épousé Jeanne REYNARD, une sœur d’Aymée. Il s'agit dans ce cas de renforcer l'alliance entre deux familles, ici les CHAMPT marchands de Thurins, et les REYNARD, marchands de Rontalon. Je découvre aussi plusieurs oncles et tantes qui sont parrains et marraines, et le nom des époux des marraines mariées. Cela me permet de reconstituer des couples, et de trouver le nom des parents d’Etienne et Aymée. 

Étienne est le fils d’Étienne CHAMPT des Marnas et de Louise DELORME. Aymée est la fille de Claude REYNARD et de Jeanne MORTIER. Mais aucun n'a le surnom de Rochet
Étienne est baptisé en 1651, et inhumé dans l’église (comme sa fille, peut-être sont- ils enterrés ensemble ?) Il décède en 1722 au Rochet, un hameau de Thurins. 


Vieux portail au hameau du Rochet - document personnel


D'où vient le surnom de Rochet?

Sur Geneanet, j’ai la chance de trouver plusieurs actes notariés au nom d’Aymée REYNARD dite Rochet, veuve d’Etienne CHAMPT, tutrice et curatrice des enfants du couple. Ces actes, datés de 1731, sont des quittances et obligations qui constatent le paiement de dettes dues à Aymée. 
Je trouve enfin la réponse dans l’un de ces actes : Aymée est l’héritière d’ Antoine ROCHET son oncle

Obligation Me SELIS 1731 AD69 3E 9019 A sur Geneanet

Antoine ROCHET

Finalement, je mets la main sur le testament d’Antoine ROCHET, maître tonnelier de Thurins, qui semble passablement aisé. Daté du 18 août 1683, signé par Me BASTET, il laisse 100 livres aux pauvres, une rente annuelle à sa femme Pernette MORTIER, ainsi que des legs à plusieurs neveux et nièces, mais c’est Aymée REYNARD qui hérite de tous ses biens. Ce testament est rédigé à Lyon, loin du village, ce qui est inhabituel. Les témoins sont Lyonnais, excepté le prêtre de Thurins Me Jacques ROBERT, qui joue certainement le rôle de témoin "fiable". Antoine décède le 26 mars 1684, soit 2 mois après le mariage du couple CHAMPT - REYNARD, mariage auquel il assiste puisqu’il signe. J’en ai déduit que le couple s’installe au Rochet après le décès d’Antoine, puis qu'Aymée l’héritière prend alors le surnom de Rochet.

Antoine n'a pas eu d'enfants lors de son mariage avec Pernette MORTIER. Pernette est la sœur de Jeanne MORTIER, mère d'Aymée. Celle-ci est donc bien la nièce par alliance d'Antoine MORTIER. Beaucoup de familles portent des surnoms à Thurins, comme nous le verrons dans les prochains articles. C'est un bon moyen d'identification en cas d'homonymie. Pour Jeanne CHAMPT, ce surnom lui a été transmis par sa mère, héritière d'Antoine ROCHET du hameau du Rochet.

Le petit arbre représentant les liens entre Antoine ROCHET et Aymée CHAMPT nous montre bien, dans ce cas, les alliances et les transmissions par les femmes.

Arbre simplifié fait avec Canva

lundi 30 septembre 2024

Etude du nom MARNA/S

Par quoi commencer cette série d’articles après cette longue absence ?

J’envisage de participer au prochain Challenge AZ. Ce challenge, lancé en 2013 par Sophie Boudarel, consiste à publier, pendant le mois de novembre, un article par jour en lien avec la généalogie, en suivant les lettres de l’alphabet, donc 26 articles au total.

J’ai choisi d’écrire des articles en lien avec le mémoire personnel que j’ai rédigé dans le cadre de ma formation de généalogiste. J’ai passé 6 mois à chercher des informations et à les mettre en forme, je pense y trouver la matière pour écrire les 26 articles du challenge.

Au moment de me lancer dans l’écriture de ces articles, je me rends compte que j’ai besoin de me remettre sérieusement à cet exercice. Je décide de profiter de la préparation du challenge pour me pencher sur mon arbre. En effet, le nom du personnage principal étudié dans le mémoire est MARNAS. Il s’agit d’un cousin très éloigné de mon mari.

J’ai donc l’idée pour ce premier article, de reprendre tous les Sosas de son arbre portant ce patronyme.

Je me suis assignée comme objectif de reprendre toutes les informations sur ces branches patronymiques pour les vérifier, les compléter, et peut-être les relier ensemble.

Je ne vais pas entrer dans les détails des vérifications minutieuses effectuées dans les registres paroissiaux. Il me semble cependant important de vous préciser que la majorité des ancêtres MARNAS remontent à l’époque précédant la Révolution française.

Une fois ce travail effectué, je me rends compte que j’ai quelques ajustements à faire. En effet, ce travail minutieux m'a conduit à une découverte intéressante sur l'évolution de l'orthographe du nom MARNAS. J’avais simplifié l’orthographe en généralisant l’orthographe « MARNAS ». Or, il se trouve qu’avant le milieu du XVIIIe s., le nom s’orthographiait sans le S final. J’y vois un lien avec le fait que les pères ne savaient pas signer comme indiqué dans les actes de baptême.

Signature Floris MARNA 1745


J’en profite aussi pour noter toutes les personnes indiquées dans les actes : parrains et marraines, tuteurs, autres parents dont le lien familial est précisé, témoins dont le lieu de résidence ou le métier sont précisés (systématiquement). Je me pose souvent la question pour les autres : dois-je les enregistrer ou non dans mon arbre ? J’avoue que je procède au cas par cas, selon le contexte. Avec l’expérience, je m’aperçois que de nouvelles pistes de recherche apparaissent souvent au détour du nom d’un conjoint d’une marraine noté lors d’un baptême.

Je tiens mon arbre sur Geneanet, j’en profite pour utiliser la nouvelle fonction « indices » apparue sur mes fiches (j’utilise la fonction fiche et non pas arbre). L’exercice est assez long, car à chaque nouvel individu ou information complémentaire proposé, je procède systématiquement à la recherche de la source, qui n’est que rarement indiquée.

J’ai la chance de pouvoir consulter pour le village de Thurins et les villages alentour, la base de données de Geneagier. Elle est très complète et permet de visualiser directement les photos des archives.

Grâce à Geneanet et à Geneagier, en plus du moteur de recherche des individus, j’ai la possibilité d’accéder aux photos des insinuations du Lyonnais et aux actes notariés de la plupart des notaires locaux du XVIIe s. Ces actes sont une source indispensable pour reconstituer les couples et les filiations, indiqués lors des contrats de mariage et les testaments. La difficulté est de retrouver ces actes (merci aux indexeurs !) et de pouvoir les transcrire ensuite.

Contrat de mariage FILION / MARNA insinué en 1637 - Geneanet AD69 BP 5603

Quel a été le bénéfice de ce travail qui m’a pris quelques jours ?

J’ai vérifié, corrigé et complété tous les MARNA/S de l’arbre. J’ai récolté plusieurs actes notariés à retranscrire. Je vais pouvoir travailler et améliorer mes connaissances en paléographie (gros travail en perspective pour cet hiver !). J’ai même trouvé une pépite dans l’un de ces actes : la mention dans un testament de la présence de la peste dans le village !

Testament d'Estienne MARNA 1630 Me DELAROUE AD69 3E9017


Avez-vous rencontré des découvertes surprenantes dans vos recherches ? Quels indices vous ont aidé à débloquer des blocages de votre arbre ?

N’hésitez-pas à commenter et compléter cet article de vos anecdotes !

dimanche 15 novembre 2020

Sur la piste du Sosa 666: Jeanne Marie DELORME Sosa 333

 Après avoir croisé trois personnages de la branche POIX, nous arrivons à Jeanne Marie DELORME, qui porte un des noms les plus courants dans le village de Thurins.

Jeanne Marie naît le 8 octobre 1718 au bourg de Thurins et est baptisée le 10 octobre. Fille d'Edouard DELORME et de Jeanne MORELLON, elle a pour parrain Jean GUIZE demeurant à Vernaison et pour marraine Jeanne Marie MORELLON sa tante, demi-sœur de son père.

Elle grandit auprès de deux grandes sœurs, Marie et Jeanne, et d'un petit frère Jean.

Elle se marie à 25 ans le 8 janvier 1743 à Thurins avec Pierre POIX 29 ans vigneron au Bourg. Le mariage fait l'objet d'un contrat entre les deux familles. Les jeunes époux vont vivre en communauté avec les parents de Pierre qui reçoit les deux tiers des biens de son père. Jeanne Marie reçoit quant à elle une dot de 1000 livres dont 200 livres du sieur BISSARDON négociant à Lyon. Il s'agit certainement de Jacques BISSARDON, demi frère de Jeanne MORELLON mère de Jeanne Marie.

Ses deux sœurs sont déjà mariées et son frère se marie le même jour qu'elle.

Elle va mettre au monde 8 enfants, 4 filles: Jeanne, Marie, Marie et Clémence et 4 garçons: Edouard, Antoine, Louis et Pierre. Seuls Antoine et Pierre vont atteindre l'âge adulte.

1747 est une année difficile pour Jeanne Marie. Elle perd son fils Edouard, son père et son frère Jean.

Une fois tous ses enfants nés, elle les marie. Les filles et Antoine l'héritier se marient au village. Jean le dernier né fait son apprentissage de cordonnier, métier qu'il exercera à Lyon où il se mariera.

Elle devient veuve en 1782 et décède à son tour le 20 décembre 1790.

vendredi 6 novembre 2020

Sur la piste du Sosa 666: Antoine POIX Sosa 166

 Après avoir découvert la vie de deux femmes, je vais vous parler d'Antoine POIX Sosa 166 de mes enfants.

Voici  les principaux événements de sa vie.

Antoine naît et est baptisé le 7 janvier 1751 au Bourg de Thurins. Son parrain est le sieur Antoine POIX demeurant à Lyon son oncle et la marraine Jeanne DELORME sa tante.

Ses parents Pierre POIX vigneron au Bourg de Thurins et Jeanne Marie DELORME mariés en janvier 1743 auront huit enfants. Il est leur quatrième enfant, mais leur premier fils vivant.

Antoine, vigneron au Bourg, se marie le 9 février 1779 à Thurins avec Etiennette CHAMP dont le père Jacques CHAMP est lui aussi vigneron à Thurins. 

Leur contrat de mariage rédigé par Me Ducreux le 16 janvier nous donne des informations sur leur future vie de couple. Son père Pierre le nomme héritier et lui donne tous ses biens sous réserve de vivre ensemble, ou en cas d'incompatibilité, se réserve un tiers des biens et se garde le nécessaire pour vivre, dont nous avons la description :

" une chambre pendant sa vie ... laquelle sera garnie d'un lit complet, leurs draps de lit, une petite table, une chaise, une petite marmite, une crémaillère, une poele à frire..." " cinq bichets bled seigle mesure de Lyon, huit livres d'huile de noix, cinq livres de beurre, une asnée de vin rouge, du bois et de l'élagage au jardin pour son usage ... délivrable de six mois en six mois"

Son épouse reçoit 2 020 livres de dot y compris son trousseau et la récolte d'huile provenant du cru de son père la vie durant de celui-ci.

Son père Pierre POIX décède le 21 avril 1782 à Thurins.  

Sa mère Jeanne Marie DELORME décède le 20 novembre 1790 à Thurins.

Il aura huit enfants avec sa femme Etiennette, quatre filles et quatre garçons, comme ses parents.

Il décède assez jeune le 18 thermidor an II (5 août 1794) à l'âge de 43 ans laissant sa veuve élever ses enfants et en marier six d'entre eux.




En découvrant cette famille POIX, j'ai trouvé plusieurs marchands installés à Lyon. Plusieurs anciennes  familles de Thurins ont en effet des liens de commerce avec cette grande ville très proche, et j'ai investigué dans cette direction pour la famille POIX.

En ce qui concerne notre Antoine POIX sujet de cet article, j'ai trouvé plusieurs personnes dans son entourage proche qui commerçaient à Lyon.

Tout d'abord son jeune frère Pierre qui sera cordonnier à Lyon où il se marie une première fois en 1793 avec Jeanne Marie MEYRIEUX dévideuse de soie et fille d'un vigneron à Pelussin. Il se remarie une fois veuf avec Anne CALLIAT en 1810. 

Ensuite son parrain un certain Antoine POIX son oncle demeurant à Lyon qui m'intrigue. Cet Antoine est un jeune frère de Pierre POIX et donc l'oncle de notre Antoine. Il est baptisé en 1720 à l'église de Thurins. Il se marie à la paroisse de Saint-Nizier en 1747 avec demoiselle Françoise Catherine BUISSON. Il est alors maître passementier. Au mariage de son fils Jean marchand de dorures à Lyon en 1785, il est lui-même marchand de dorures. Il décède à Lyon chez son fils Jean le 20 juin 1793.

Un autre oncle de notre Antoine, Jean POIX est lui aussi maître passementier à Lyon. Il est baptisé à Thurins en 1716 et je trouve sa trace dans quelques actes: témoin maître passementier en 1747 du mariage de son frère Antoine; parrain en 1747 à Thurins de sa nièce Marie POIX; parrain en 1749 à Lyon Saint-Nizier de son neveu Jean POIX; le retrouve déclarant du décès de son frère Antoine à Lyon en 1793 et négociant place Confort à Lyon.

Après avoir débusqué ces commerçants lyonnais, j'ai voulu savoir si ces liens dans cette famille entre Thurins et Lyon étaient récents. Et en remontant quatre générations de POIX à Thurins, j'ai trouvé un autre POIX marchand.

Il s'agit d'Antoine POIX, fils de Barthélémy POIX arrière grand oncle de notre Antoine. Il naît en 1707 à Thurins et sera chapelier à Lyon. A noter, un lieu entre les deux branches à Lyon. En effet, Jean POIX fils de Claude sera parrain d'une fille d'Antoine POIX fils de Barthélémy. Les cousins se fréquentaient donc à Lyon.

Dans cette famille, au XVIII ème siècle, les fils aînés vignerons héritaient de la terre à Thurins, les autres fils apprenaient un métier et devenaient maître dans leur corporation lyonnaise.

J'espère ne pas vous avoir perdus parmi tous ces ancêtres, aussi voici un schéma récapitulatif.





 



 

samedi 31 octobre 2020

Sur la piste du Sosa 666: Geneviève POIX Sosa 83

 Après Etiennette POIX, découvrons sa mère Geneviève POIX, Sosa 83.

Geneviève, née la veille, est baptisée à l'Eglise de Thurins le 8 décembre 1779. Elle est la fille d'Antoine POIX vigneron installé au Bourg et d'Etiennette CHAMP

Elle est la première née du couple, dix mois après leur mariage Son parrain, comme le veut la coutume, est son grand-père paternel Pierre POIX et sa marraine, sa grand-mère maternelle Geneviève BONET dont elle porte le prénom. Seul un des témoins Pierre DELORME signe.

AD69 1823 Cadastre extrait section G du Bourg


Quinze ans après le mariage, la famille compte huit enfants, quatre filles et quatre garçons. Malheureusement, le père de Geneviève, Antoine POIX décède le 18 Thermidor an II (en 1794) à 43 ans à son domicile au lieu de la Vallière à Thurins-le-Français (nom du village pendant la Révolution). Ce lieu de Thurins est composé de nombreuses parcelles de vigne comme on peut le voir sur le cadastre (notées V). Le phylloxera n'a pas encore ravagé le vignoble du village. Geneviève a alors 15 ans. Elle perd aussi un jeune frère 7 ans après. 

Geneviève épouse Simon POIX le 10 septembre 1812 à Thurins. Elle est âgée déjà de 33 ans, accompagnée de sa mère Etiennette. Son époux Simon a déjà 55 ans, ses parents sont décédés quelques années auparavant. Pourquoi se marie-t-elle si tard? Pour aider sa mère à élever ses frères et sœurs? Elle se marie plusieurs années après ses trois jeunes sœurs.

Curieuse de découvrir si ce patronyme identique signifiait un lien de parenté, après quelques recherches, je leur trouve un couple d'arrière-arrière-grand-parents communs: Jacques POIX et Aimée RATTON.




Ils n'auront que deux enfants et seule Etiennette va grandir. Je vous renvoie vers l'article précédent pour découvrir cette femme "de caractère".

Devenue veuve six ans après son mariage, Geneviève va élever sa fille, l'instruire et gérer ses biens jusqu'à son mariage.

Elle décède au Julin à Thurins chez sa fille et son gendre le 3 avril 1863 à l'âge de 83 ans.

J'ai trouvé des similitudes entre les vies de Geneviève et Etiennette, mère et fille.

Elles sont toutes deux filles aînées, elles perdent leur père jeune avant leur mariage et doivent aider leur mère à subvenir aux besoins de la famille en cultivant la terre. Elles font partie de toutes ces ancêtres devenues veuves très tôt qui ont élevé leurs enfants, les ont mariés et ont entretenu le patrimoine de la famille pour le transmettre à leurs descendants. Cet article leur rend hommage.





vendredi 30 octobre 2020

Sur la piste du Sosa 666: Etiennette POIX Sosa 41

Haloween approchant, je me suis lancée à la poursuite du Sosa 666 de l'arbre de mes enfants.

Et cette suite d'ancêtres commence par Etiennette POIX, Sosa 41.

Etiennette est l'une des rares femmes que j'ai croisée à avoir hérité du patrimoine foncier de ses parents. Au fil des découvertes à son sujet, je l'ai imaginée femme de caractère, rude à la tâche (les terres du Julin sont en forte pente), et peut-être féministe avant l'heure (pure interprétation personnelle cependant).  

Elle naît le 6 juin 1813 à Thurins au hameau du Julin au domicile de ses parents Simon POIX et Geneviève POIX, parents mariés depuis 9 mois (le 10 septembre 1812 à Thurins).


AD69 1813 Naissances Thurins


Son père a 58 ans à sa naissance et sa mère 34 ans. Ils sont cultivateurs propriétaires au Julin, hameau de Thurins. A noter que la famille POIX est installée dans ce hameau depuis au moins Guillaume POYS (baptisé en 1617 et inhumé en 1688).

Geneviève est leur premier enfant, son jeune frère Jean-Pierre né le 10 janvier 1816 décède 10 jours après sa naissance. Elle reste donc seule enfant et fille unique.

Après ce deuil d'un frère, Geneviève perd son père le 23 février 1818 à l'âge de 62 ans, elle-même âgée de 5 ans. Elle hérite alors des biens de son père que sa mère gère en usufruit.

Sa mère Geneviève va l'élever seule et ne se remariera pas. Geneviève n'a plus qu'une grand-mère maternelle, Etiennette CHAMP, qui vit au Bourg de Thurins. Cette grand-mère a d'ailleurs perdu son époux jeune âgé de 43 ans et va élever seule et marier 6 de ses 8 enfants.

Une première constatation intéressante: sa belle signature laisse penser qu'Etiennette a reçu de l'instruction comme en aurait reçu un fils aîné en position d'héritier.


Signature sur son acte de mariage AD69 1842 Thurins


Ensuite, le premier recensement de 1836 la décrit toujours domiciliée à Thurins au Julin avec sa mère, toutes deux déclarées cultivatrices (un métier réservé aux hommes habituellement, les femmes étant plutôt ménagères à cette époque), et vivant avec un certain Pierre CHAMP lui aussi cultivateur de 33 ans que je suppose être un cousin germain de Geneviève du côté maternel. A eux trois, ils exploitent les terres du Julin. 

En 1841, ils sont toujours tous les trois cultivateurs et se font aider par François et Louise POIX en tant que domestiques. Ce sont deux enfants de 19 et 15 ans de Fleury POIX, frère de Geneviève et donc les cousins germains d'Etiennette.

AD69 Recensement 1841 Thurins Population éparse


Etiennette se marie le 13 janvier 1842 avec Jacques BLANC (dit neveu). Elle est âgée de 28 ans et cultivatrice propriétaire, Jacques lui est âgé de 22 ans et vit au Moulin, hameau de Thurins. Jacques deuxième fils de sa fratrie, n'est pas l'héritier de son père. Epouser Etiennette lui permet de cultiver les terres de son épouse.  Il reçoit de son père 3000 F en avancement d'hoirie de la future succession de son père ainsi que 1000 F de la succession de sa mère et la jouissance d'un pré et d'un bois. Etiennette se constitue en dot tous les biens provenant de la succession de son père (évaluer à 4 671 F en 1818 dans la déclaration de succession) , son trousseau et 125 F d'économie. Le couple commence cette vie à deux avec de sérieux avantages.


Etiennette fille unique mettra au monde de nombreux enfants: des jumelles nées sans vie, Barthélémy l'aîné, Etiennette, deux garçons nés sans vie, Annette, Marguerite et Jacques morts en bas âge, Claude Sosa 20 et Geneviève.

Elle décède le 6 juin 1889, jour de son 76ème anniversaire à son domicile du Julin sur ces terres ancestrales qu'elle n'aura jamais quittées et transmettra à ses enfants.

 Elle aura permis par son mariage à une seconde branche de la famille BLANC de s'installer au Julin. Ces 2 branches y vivent toujours aujourd'hui.


AD 69 1823 Cadastre Thurins section F du Julin













 


samedi 18 avril 2020

Claude BLANC en 30 questions - questions 11 à 15

Le portrait de Claude se dessine, ainsi que celui de son environnement.
Voici quelques réponses complémentaires.

Question 11: Comment se déplaçait-il?


Les déplacements quotidiens se faisaient certainement à pied, et en voiture à cheval comme ce détail d'une carte postale de Thurins.



Mais il a certainement aussi emprunté la grande nouveauté de son époque: la nouvelle ligne de  chemin de fer allant de Messimy Malataverne à Saint-Symphorien-sur-Coise, et permettant de se raccorder au chemin de fer de Lyon à Mornant.
Cette nouvelle ligne a été à l'étude pendant près de 15 ans au Conseil Général du Rhône. Longue d'environ 30 km, elle présente quelques difficultés d’exécution, dont des rayons de courbure entre 50 et 60 mètres.
Évaluée à 2 074 742 francs en 1905, elle doit desservir 420 habitants.
Les communes traversées sont Saint-Symphorien-sur-Coise, Larajasse, Saint-Martin-en-Haut,  Rontalon, Thurins et Messimy.
L'ouverture de la ligne a lieu le 6 avril 1914. Le trafic sera florissant jusqu'à l’apparition de la concurrence routière. Le crack financier de 1929 fragilise les petites compagnies et la ligne ferme le 30 juin 1933.

Claude qui a fini sa vie à Messimy Malataverne, terminus de cette ligne, l'a certainement empruntée pour ses voyages entre Thurins et Messimy.

Gare de Messimy CParama



Question 12: Quel était son premier métier? Comment en vivait-il?


Son principal et unique métier était cultivateur au Julin.
Nous retrouvons cette indication sur son contrat de mariage, sur tous les recensements le concernant, sur l'acte de mariage de son fils.
Ce métier est lié à la terre qu'il a reçu en héritage au Julin et qu'il a transmise à son fils.


Question 13: Quels étaient ses autres métiers recensés? Comment en vivait-il?


Pour être plus précise, il a été certainement berger étant jeune puisque ses parents ont toujours eu un berger à la ferme, et donc des moutons.
Il a été aussi vigneron puisqu'il possédait des vignes. Il pressait son raisin pour faire son vin.
Il a commencé certainement la culture des fruits et arbres fruitiers qui ont fait la renommée du village de Thurins. 


Question 14: Comment apparaît-il dans les recensements?


Claude a passé sa jeunesse au Julin chez ses parents avec son frère aîné Barthélémy et sa jeune sœur Geneviève.
Il y est recensé sans discontinuité de 1856 année de sa naissance à 1886. 


Thurins le Julin Recensement 1856 AD69

En 1891, il apparaît comme chef de ménage et vit avec sa femme, son fils et héberge son frère Barthélémy et son père Jacques veuf depuis 1889.


Thurins le Julin Recensement 1891 AD69

La situation change entre 1911 et 1921.
Jacques son fils unique se marie en octobre 1911 mais est mobilisé en 1914 et laisse sa femme et sa fille aînée jusqu'à son retour en 1915.
Claudine son épouse décède le 12 juin 1914 au Bourg de Thurins.

Nous le retrouvons  en 1921 vivant chez sa sœur Geneviève et son beau-frère à Messimy où il décède en 1922.


Messimy Malataverne Recensement 1921 AD69


Question 15: Quel était le parler de sa région?


Le Lyonnais est une ancienne variante du francoprovençal.
Laurent Mourguet, créateur de Guignol, a fait connaître la langue des canuts (ouvriers du textile).
Il existe même une mini méthode d'apprentissage: Le lyonnais de poche, 2006, Jean-Baptiste Martin et Anne-Marie Vurpas, collection ASSIMIL.
Et un dictionnaire lyonnais sur Lexilogos.

Voici un petit texte en lyonnais de Pierre-Emile LEGRAND trouvé sur le site Famille Castelbou: