lundi 18 novembre 2024

P comme donation Partage

Avant de changer de personnage principal, il me reste un dernier acte à partager avec vous.

Depuis le début de ce challenge, je vous ai fait découvrir la généalogie de Jean MARNAS et Marie Charlotte PERRET, en insistant sur l'aspect patrimonial des familles.

J'ai trouvé plusieurs partages pendant mes recherches, mais je souhaite vous parler de celui que les époux PERRET - BOSSUT ont rédigé devant Me DELORME en 1840.

Extrait de la donation partage PERRET - BOSSUT - Me DELORME - 1840 - 3E 35302 - AD 69


A l'occasion du mariage de leur fils Louis Pierre PERRET, les parents décident de partager leurs biens entre leurs 2 enfants, Louis Pierre et Marie Charlotte.

Les donateurs sont marchands revendeurs à Thurins, patentés à la mairie.

Je trouve intéressant de vous faire part de l'inventaire des biens énumérés dans cette donation.

Ils possèdent un ensemble de bâtiments avec jardin situés au bourg de Thurins. Le bâtiment est composé d'un rez-de-chaussée, d'un étage et d'un grenier, et de dépendances.

Maison du couple PERRET-  plan du cadastre napoléonien de Thurins - section G - parcelles 118 et 119 - AD 69 - 3P 2048


Vient ensuite la liste de tout leur mobilier et de leurs effets et marchandises.


Dans la cuisine

- un réchaud, une trépier, une fourchette, un soufflet, 5 marmites

- une fontaine avec sa cuvette cuivre, 2 chaudrons cuivre, un couvre plat, un couteau à hâcher, un mortier avec son pilon, 2 soupières faïence, 10 tasses à café

- un plateau tôle, 3 cuillers, 3 chaises, une glace, une table ronde, 6 bouteilles en verre, 6 verres, 8 gobelets

- un garde-manger à 2 portes et 2 tiroirs avec 3 rayons contenant 15 assiettes faïence

- dedans, 3 pots à beurre, 2 douzaines d'assiettes, 2 casseroles

L'intérieur d'une cuisine Drölling Martin (1752-1817) 
(C) GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Philippe Fuzeau


Dans la boutique

- 3 banques, une paire de balances cuivre avec leurs poids, 4 cruches à huile, 2 huilières, 20 rayons en planche sapin

- 40 pièces indiennes de différentes qualité et grandeur comportant 320 mètres 

- 12 pièces de toile coton et fil comportant 15 mètres chacune

- 6 pièces mousseline laine comportant 72 mètres

- 12 couvertures bourre de soie

- 20 coupons de gilet contenant 30 mètres

- 150 mouchoirs et cravates

- 20 mouchoirs laine et thibet

- 20 pièces toilles comportant 1600 mètres

- 8 coupons de stoff comportant 48 mètres

- 12 parapluies toile coton

- 40 coupons toile coton pour robes contenant 400 mètres

- 5 chapeaux de paille de riz pour femme

- 15 coupons de mousseline comportant 75 mètres

- 7 coupons de drap laine comportant 70 mètres


Dans la chambre sur la boutique

- une garde-robe à 2 portes

- dans la garde-robe, 20 draps de lit, 12 nappes, 6 serviettes

- 40 chemises d'homme à l'usage du donateur

- une table carrée


Dans une chambre au levant

- une table couverte d'une toile cirée, 2 malles, 1 matelat, 2 cordeaux pour la lessive, un chauffe-lit en cuivre


Dans une chambre au midi

- une horloge avec sa caisse

- une garde-robe à 2 portes (dot d'Aimée BOSSU) qui renferme tous les habillements de la donatrice, et ceux du donateur, excepté les chemises estimées plus haut

- 2 bois de lit garnis chacun d'un garde-paille, un matelas, 2 draps, un traversin et 2 couvertures laine et indienne

- 3 chaises


Dans la cave sous la boutique

- 2 barils de 2 hectolitres vides, un cuvier à lessive avec son banc


Dans l'écurie

- une vache


Dans une boutique au midi de l'écurie

- un pressoir à suif, 2 chaudières en cuivre rouge avec bassine, 2 bennes bois, un banc de menuisier et quelques outils pour la menuiserie

Le total du mobilier se monte à 3 799 francs.

Les donateurs disposent aussi de créances dues pour leur commerce pour 1 200 francs.

Ils doivent 2 000 francs pour dettes de leur commerce aux différents marchands à qui ils ont acheté leurs marchandises.

Tous les biens sont donnés au fils Louis Etienne. Leur fille, Marie Charlotte, reçoit 2 000 francs de son frère, en plus des 2 000 francs reçus en dot dans son contrat de mariage.

Signatures de la donation partage PERRET - BOSSUT - Me DELORME - 1840 - 3E 35302 - AD 69


Voici donc le dernier acte concernant le couple MARNAS - PERRET que je souhaitais partager avec vous.

O comme Oncles et tantes

Depuis le début de ce challenge, nous avons découvert les ancêtres de Jean MARNAS, puis son épouse et la famille nombreuse qu'ils ont fondée. Le couple a quitté le village de Thurins pour s'installer à Lyon en tant que boulanger.

Je vais maintenant vous parler des frères et sœurs qu'ils ont laissés au village, les oncles et tantes de leurs enfants.

Détail d'une porte à Thurins - document personnel


La fratrie de Jean MARNAS 

Jean est le dernier-né de 6 enfants (ici). Ces deux sœurs aînées Jeanne et Claudine décèdent en 1810, la même année que leur mère. Il lui reste donc un frère, Jean Antoine, et une sœur, Anne Marie.

Jean Antoine, bien qu'étant le plus âgé, est le dernier à se marier. Ce sera lui l'héritier de ses parents, car sa mère, qui détient le patrimoine, lui lègue le quart de ses biens. C'est d'ailleurs Jean Antoine qui déclare la succession de sa mère. Nous trouvons, dans ce document très précieux, toute la liste des terres possédées par la défunte. Elle laisse à son mari la jouissance de la moitié de tous ses biens pendant sa vie. Elle demande à ses enfants, principalement à Jean Antoine, l'héritier principal, de loger et de nourrir son beau-frère Jacques MARNAS. C'est une femme de caractère, sans aucun doute.

La même année, 1810, les deux sœurs aînées, Jeanne et Claudine, décèdent à leur tour. Leurs biens sont partagés entre les 3 derniers enfants.

En 1829, j'ai trouvé un acte de cession par lequel Jean MARNAS vend à son frère aîné, Jean Antoine MARNAS, tous les droits héréditaires qu'il peut espérer prétendre dans la succession de Claudine RATTON, sa mère, pour la somme de 4 000 francs payés en argent. Jean avait certainement besoin d'argent pour son commerce de boulangerie à Lyon. Par cet acte, il renonce à la terre qui aurait pu lui revenir dans la succession de sa mère.

Extrait cession MARNAS - Me RAMBAUD - 1829 - 3E 27123 - AD 69


Il me semble que par cette cession, Jean Antoine veut éviter les problèmes rencontrés par sa mère qui a hérité des biens de son père, héritage discuté par au moins un de ses frères.

La Révolution a bouleversé les règles de succession, en prévoyant une égalité de succession entre les enfants. Mais la pratique du testament permet de disposer d'une quotité disponible plus avantageuse pour certains.

Jean Antoine se marie à Thurins le 4 septembre 1834 avec Françoise MOLLIN, cultivatrice originaire de Saint-Martin-en-Haut. Il décède à Thurins le 29 octobre 1838 à l'âge de 46 ans, laissant à sa veuve 3 enfants en bas âge.  

Jean a aussi une sœur, Anne Marie. Elle épouse à 35 ans Jean Etienne DELORME, propriétaire cultivateur, à Thurins le 23 février 1832. L'époux est lui-même héritier de son père. Ils n'auront qu'une fille. Elle décède à Thurins le 4 décembre 1875.

La fratrie de Marie Charlotte PERRET

Marie Charlotte n'a qu'un frère, Louis Pierre (ici). Il naît à Thurins le 17 février 1810. 

Il épouse Jeanne CHAMP à Thurins le 5 juillet 1840. Il est alors boulanger à Thurins. Peut-être a-t-il appris le métier avec son beau-frère à Lyon ? En effet, nous l'avons vu parrain de Louis Etienne en 1831 à Lyon, où il est dit boulanger vivant chez son beau-frère.

Son épouse décède en 1848. Leur fils unique Jacques est décédé.

Il se remarie en 1850 à Thurins avec Marianne GARNIER. Son épouse, âgée de 43 ans, est "fille de confiance, au service de Monsieur PETIT médecin". Elle décède en 1860, sans enfant.

Il se remarie pour la troisième fois en 1867 à Thurins avec Rose CHARMAT. Son épouse est propriétaire cultivatrice, veuve deux fois avec un enfant.

Louis Pierre décède en 1885, sans enfant. J'ai retrouvé la déclaration de sa succession qui indique qu'il était marié sous le régime de la séparation des biens. Il donne à sa femme tout son mobilier, ses provisions, un terrai qu'il possède en dehors du village et la nomme légataire universelle.  Il donne à son neveu et filleul, Louis Etienne MARNAS, une pension de 100 francs payable après le décès de sa femme. Il donne à la commune de Thurins sa maison, son jardin et ses dépendances pour en faire une salle d'asile, à condition pour la commune de servir la pension viagère destinée à son filleul Louis Etienne, au décès de sa femme.

Extrait déclaration de succession Louis Pierre PERRET - 1886 - 3Q5/367 - AD 69


Après quelques problèmes rencontrés par la commune pour bénéficier du legs, nous retrouvons dans les matrices cadastrales, les parcelles au nom de Thurins.

La commune décide en 1906 de construire une école de filles. La maison est démolie, et l'école est construite peu avant la guerre.

L'école communale construite sur le terrain PERRET


De tous les couples étudiés dans cet article, nous voyons que c'est le couple MARNAS - PERRET qui a la plus grande famille (10 enfants au total).



samedi 16 novembre 2024

N comme Naissances des enfants

Nous avons vu dans les articles précédents, que Jean MARNAS et Marie Charlotte PERRET ont vécu leur vie professionnelle à Lyon.

Ils ont aussi donné naissance à une famille nombreuse, composée de 10 enfants.

Je vais vous dresser un rapide portrait de ces 10 enfants, car, comme je vous l'ai annoncé dans le premier article, j'ai eu un coup de cœur pour la vie de l'un d'entre eux. 

Jean Aimé

Le premier né est un garçon, Jean Aimé, né le 20 juillet 1828 à Lyon, rue des Fargues, c'est-à-dire dans la boulangerie de ses parents évoquée à la lettre L (ici). Son grand-oncle Benoit Antoine RATTON, lui aussi boulanger à Lyon, est témoin de la déclaration de naissance. Son grand-père paternel Jean Baptiste MARNAS est son parrain, sa grand-mère maternelle Aimée BOSSU est sa marraine. Ils sont venus de Thurins le lendemain de la naissance pour ce baptême en l'église Notre-Dame de Saint-Louis à Lyon. Le couple a donc gardé des liens avec Thurins, le village de leurs origines.

Eglise N.D. St Louis de la Guillotière (Lyon) - Wikipedia par GO69



Jacques Marie

Le second est encore un garçon, nommé Jacques Marie le 8 septembre 1829 lorsqu'il naît à Lyon. Sa naissance est déclarée par son oncle Jean Antoine MARNAS, cultivateur, et par son grand-père maternel Jacques PERRET, marchand drapier, qui sont venus de Thurins pour cette occasion. Cet enfant ne laisse plus de traces à Lyon après sa naissance. J'ai découvert qu'il est décédé dans un village proche de Thurins, Saint-Martin-en-Haut, à l'âge d'un mois, chez Jean PHILIS, cultivateur chez qui il était en nourrice.

Jean Marie Antoine

Encore un garçon pour cette troisième naissance. Il s'agit de Jean Marie Antoine, né le 1er octobre 1830 à Lyon. Les témoins de la déclaration sont des artisans voisins. Cette fois encore, parrain et marraine sont frère et sœur du père, Jean Antoine et Anne Marie MARNAS, tous les deux de Thurins.

Louis Etienne

Quatrième garçon pour le couple, Louis Etienne voit le jour le 27 décembre 1831 à Lyon. Nous découvrons dans l'acte de naissance que Louis PERRET, le frère de la mère Marie Charlotte, est boulanger domicilié chez son beau-frère. Il est aussi le parrain, et la marraine est Etiennette CORBIERE, femme de Benoit Antoine RATTON, le grand-oncle boulanger à Lyon. 

Etiennette

Première fille du couple, Etiennette naît le 30 août 1833 à Lyon. Le parrain et la marraine sont venus de Thurins pour le baptême.

Benoit Antoine

Le sixième enfant est encore un garçon, Benoit Antoine, né le 1 juin 1835 à Lyon. L'un des témoins de la déclaration de naissance n'est autre que Benoit Antoine RATTON, boulanger à Lyon, accompagné de son fils Jacques RATTON, légiste. Ce même Benoit Antoine est aussi son parrain.

Françoise Julie

Septième enfant et seconde fille, Françoise Julie naît le 23 janvier 1838 à Lyon. L'un des témoins est Jules RATTON, rentier de 30 ans domicilié à la même adresse que le père. Il s'agit d'un autre fils de Benoit Antoine RATTON, le grand-oncle boulanger. Lors du baptême, ce même Jules est greffier de la justice de paix de Thysi et la marraine, Françoise RATTON (sa  sœur) est mariée à un fabricant de la Croix Rousse. L'enfant décède à Lyon deux ans plus tard.

Jacques Henri Silvestre

Le huitième enfant est encore un garçon, Jacques Henri Silvestre, né le 16 janvier 1839 à Lyon. Son parrain est son grand-père Jacques PERRET marchand drapier à Thurins et sa marraine Silvia Henriette DUCHENE femme de RATTON greffier à la cour royale. Ce fils décède à l'âge de 41 ans à Lyon, mécanicien célibataire.

Jean Etienne

Neuvième enfant, Jean Etienne naît le 17 septembre 1842 à Lyon. Il sera surnommé Aimé, certainement car son grand frère, Jean Aimé, est son parrain. Jeanne Etiennette MARNAS, sa soeur, est la marraine.

Jeanne Marie Philomène

Le dernier et dixième enfant du couple est une fille, Jeanne Marie Philomène, née le 27 septembre 1844 à Lyon. Son parrain est Antoine MARNAS, son frère, et sa marraine Jeannette CHAMPT femme PERRET cultivateur propriétaire à Thurins (tante maternelle par alliance de l'enfant).

Que retenir de cette liste d'enfants ?

Tout d'abord, que les parents ont gardé des liens avec leur famille proche domiciliée à Thurins. 

Nous voyons qu'ils se sont créé un réseau de connaissances dans la corporation de la boulangerie, par le biais de l'oncle Benoit Antoine RATTON, puis ensuite avec ses enfants qui travaillent dans le milieu du droit, et sa fille mariée à un fabricant (en soie) de la Croix-Rousse.

Tous les enfants sont nés dans la boulangerie de la rue des Fargues. C'est en 1851 que Jean déménage vers la boulangerie de la rue Bouteille. Les aînés sont adultes, le nouveau logement est peut-être plus petit. 

Après le décès du deuxième garçon, Jacques Marie, en nourrice, je retrouve tous les enfants au domicile des parents lors des recensements quinquennaux. L'expérience malheureuse de Jacques Marie les a peut-être amenés à garder leurs enfants au domicile.

Voici la présentation de la famille MARNAS au complet. Nous en apprendrons plus sur certains membres de cette famille par la suite.